Publi? le 8 mai 2025 dans Guerre et impérialisme
Le courrier des lecteurs que nous discutons ici défend la position bordiguiste sur la fonction économique des guerres [1] : ces dernières seraient profitables au capitalisme en lui permettant de « …prolonger son existence par le biais … de destructions suffisamment gigantesques pour relancer un nouveau grand cycle de reconstruction, puis d’expansion pluri-décennale » [2], ou encore : « Tant que les forces productives en surnombre n’auront pas été détruites (y compris par les destructions entraînées par une guerre généralisée qui seraient un véritable bain de jouvence pour le capitalisme), il n’y aura pas de véritable et durable reprise » [3].
La fonction économique des guerres vue par nos illustres prédécesseurs
Alors que toute la gauche marxiste connait les deux façons de surmonter la crise [4] et qu’elle dispose du livre III du Capital où la baisse tendancielle du taux de profit est développée, aucune d’elle n’a pourtant analysé la première Guerre Mondiale à l’aide du schéma bordiguiste sur la fonction économique des guerres. Et pour cause, tous nos illustres prédécesseurs ont vertement combattu cette « folle théorie bourgeoise … de la guerre utile au progrès des forces productives » [5] … car reprise par les sociaux-traitres pour justifier la paix des tombes : « D’après la version officielle reprise à l’identique par les leaders de la social-démocratie, la victoire signifie pour l’Allemagne la perspective d’un essor économique illimité et sans obstacle » [6]. De la gauche marxiste jusqu’à l’Internationale Communiste, tous ont dénoncé cette théorie : de Rosa Luxemburg [7] à Nicolas Boukharine [8], en passant par bien d’autres révolutionnaires.
Non seulement ce combat politique est oublié par beaucoup de groupes actuels de la Gauche Communiste, mais cette théorie bordiguiste est malheureusement reprise par nombre d’entre eux et masquée derrière un langage marxiste pseudo-radical [9]. Le débat avec Monbars n’a donc rien de théorique, de statistique ou d’une quelconque joute de citations : il est crucial aujourd’hui où la bourgeoisie parle de dividendes de guerre, nous incite à investir dans l’armement et accélère ses préparatifs matériels pour nous soumettre à cette idéologie mortifère. Les révolutionnaires ont alors une responsabilité immense : celle de reprendre et d’actualiser le combat mené par nos prédécesseurs contre la version actuelle de cette vieille théorie sociale-démocrate « de la guerre utile au progrès des forces productives ».
Sur la méthode marxiste d’analyse
En effet, cette théorie se présente aujourd’hui sous des dehors d’apparence très radicale : l’accumulation deviendrait tellement gigantesque au XXe siècle que la crise ne parviendrait plus à dévaloriser suffisamment de capitaux pour remettre les compteurs à zéro et permettre au taux de profit de redémarrer, seule la guerre offrirait cette possibilité. Désormais, le capitalisme ne survivrait plus qu’au travers d’un inéluctable cycle mortifère de ‘Crises – Guerres – Reconstructions’. Cette ‘théorie’ n’est qu’une énième conception catastrophiste [10], tout en promettant une vie éternelle au capitalisme grâce à ces mêmes catastrophes [11] !
Un retour aux fondements de la critique de l’économie politique permet de montrer que ce schéma n’a rien à voir avec la vision historique, multifactorielles et multi causales de la dynamique du capital et des crises de Marx, notamment sa compréhension de « l’indépendance », de « la non-identité de nature », de « la non-liaison théorique », de « l’indifférence l’un à l’autre » et donc des « lois toutes différentes » entre les dynamiques de la production et des marchés [12] ! Toutes choses nous montrant que, ni les crises, ni les guerres, ne sont mécaniquement et obligatoirement liées à la baisse tendancielle du taux de profit, rendant par-là caduque ce fameux-fumeux pseudo cycle de ‘Crises – Guerres – Reconstructions’ qui n’a aucune légitimité, ni théorique, ni empirique.
Si les guerres ont bien un fondement matériel en dernière instance, celui-ci ne se résume pas à la crise économique ! Ainsi, aucun de nos illustres prédécesseurs n’ont eu besoin d’invoquer une baisse du taux de profit, une crise, et la nécessité de détruire du capital constant et variable pour expliquer les deux guerres mondiales [13] ! Les impératifs d’expansion, d’hégémonie, de contrôle des matières premières et voies commerciales… sont tout aussi déterminants, si pas plus, pour expliquer les multiples conflits armés consubstantiels à la vie du capitalisme : « La guerre n’est que la simple continuation de la politique par d’autres moyens » comme l’exprimait très bien Carl von Clausewitz repris par Engels.
Tous ces constats – tant la déconstruction des ‘arguments’ fondants la position que nous critiquons que nos propres thèses – nous avons tenu à les valider empiriquement. Ainsi apparaît-il que les avants, pendants et après-guerres ne s’expliquent, ni par le niveau, ni par l’évolution du taux de profit. De plus, il n’y a pas eu de bain de jouvence engendré par les deux guerres mondiales, mais de graves crises économiques après chacune d’elles [14].
Ces validations-invalidations empiriques sont des requis indispensables à toute démarche scientifique d’analyse – et le matérialisme historique en est une – pour rejeter ou confirmer des hypothèses explicatives concurrentes. Elles sont d’autant plus indispensables que Monbars rejette comme de l’empirisme cette nécessaire étape de validation empirique dans la méthode scientifique d’analyse. En effet, ce dernier adopte une démarche religieuse et dogmatique en proclamant, in abstracto, la pleine validité de son schéma, sans besoin aucun de le valider empiriquement : il « n’est pas nécessaire de calculer le taux de profit à chaque instant pour prouver notre démonstration. Aucun marxiste ne l’a jamais fait » et « jamais le PCI [bordiguiste : Le Prolétaire] ne s’est amusé à multiplier les calculs sur la baisse tendancielle du taux de profit pour confirmer sa thèse » … alors que Marx a recherché et calculé de nombreux taux de profit [15], et que le PCInt bordiguiste les a bel et bien collationnés et commentés [16] !
Une constante dialectique entre théories et faits
En réalité, Monbars défend une vision gradualiste d’un capitalisme cyclique éternellement prospère : « Le capitalisme, par son caractère cyclique, connaît successivement des périodes de prospérité suivies de périodes de crises, potentiellement éternelles ». Et comme il assène ses positions comme des vérités avérées sans besoin aucun de les valider empiriquement, il certifie avec aplomb « qu’aucune preuve empirique ne permettra de mettre en évidence un déclin prolongé des forces productives ».
Or, il suffit de regarder la courbe historique du capitalisme, sur près de deux siècles de production industrielle aux États-Unis, pour constater que la croissance de l’économie capitaliste n’a rien d’éternel et qu’il existe bel et bien des preuves empiriques d’un frein (et même d’une stagnation) exercé par les rapports sociaux de production sur le développement des forces productives depuis près d’une cinquantaine d’années déjà (cf. graphique de 170 ans de production industrielle aux États-Unis).
Ceci n’est autre que l’illustration de l’entrée du capitalisme dans sa phase d’obsolescence défini par Marx comme étant une ère historique durant laquelle se manifeste un « frein », une « entrave », un « obstacle » exercé par les rapports sociaux de production capitaliste (le salariat) sur le développement : 1- des forces productives ; 2- de la productivité du travail et 3- du commerce mondial [17] :
1- États-Unis : 170 ans de production industrielle, grisé = mois de récession
Il en va de même pour la productivité du travail qui chute structurellement depuis plusieurs décennies.
2- Croissance de la productivité horaire du travail – Source : Bergeaud et al.
De même, le commerce mondial stagne depuis le XXIe siècle, alors qu’il augmentait inexorablement auparavant, au-delà de variations parfois très fortes comme durant l’entre-deux-guerres ou la grande crise du milieu du XIXe siècle (1848) :
3- Commerce mondial
Nous y reviendrons plus amplement dans la partie de notre réponse à Monbars consacrée à la compréhension de l’entrée en obsolescence d’un mode de production, et du capitalisme en particulier. L’enjeu ici étant simplement d’illustrer ce souci constant qu’avaient Marx et Engels à démontrer scientifiquement, donc preuves empiriques à l’appui, toutes leurs propositions théoriques afin de les fonder sur un socle de granite. Non seulement c’est cette méthode d’analyse marxiste qui manque cruellement à Monbars, mais les seuls faits qu’il mobilise ne sont là que pour tenter de justifier un schéma préétabli, posé comme valable à priori, et non pas selon un nécessaire aller et retour dialectique entre théorie et données empiriques indispensable à l’élaboration des armes politiques du prolétariat. Pire, bien souvent il tord les faits afin de les conformer à son cadre théorique préétabli. Bref, une démarche typiquement idéaliste propre au bordiguisme, puisque ce courant politique considère que la théorie marxiste est achevée dans ses grands principes au moment du Manifeste et qu’il ne suffit plus que de les décliner par la suite.
Sur les ravages du dogmatisme invariant et du patriotisme de parti
Cette démarche idéaliste consistant à vouloir à tout prix conforter la justesse d’un schéma prédéterminé, a malheureusement poussé le camarade Monbars à recourir à de nombreuses fourberies puisqu’il a :
Ceci illustre tous les dégâts que peuvent engendrer le dogmatisme invariant et le patriotisme de parti où la défense du schéma politique de sa chapelle importe plus que la vérité … à tel point que, pris dans un tel aveuglement, Monbars ne s’est même pas rendu compte que ses propres données invalident toutes ses thèses et confirment pleinement les nôtres.
Légendes urbaines sur l’entre-deux guerres dans la Gauche Communiste
Cette volonté de réduire la réalité sur le lit de Procuste d’un soi-disant cycle de ’Crises – Guerres – Reconstructions’ engendre un nombre incalculable d’apories sur l’entre-deux guerres, la crise de 1929, le New-Deal, l’économie de guerre, le chômage, etc. ... à tel point que ces apories sont devenues des légendes urbaines répétées à l’infini par la quasi-totalité des groupes de la Gauche Communiste, et reprises par Monbars dans son courrier.
Il serait temps d’en discuter et de faire le tri. Notre réponse en a déconstruite un grand nombre [18]. Citons-en néanmoins quelques-unes parmi les plus courantes, en nous appuyant uniquement sur notre analyse des États-Unis (production industrielle et PIB par habitant) pour ne pas faire trop long :
Un nécessaire retour à Marx
L’on comprend alors mieux pourquoi Monbars est gêné par notre retour à Marx [20], car la richesse analytique de ce dernier sur le caractère multifactoriel et multi causal des crises déconstruit totalement le schéma mono causal, séquentiel et mécaniste des bordiguistes, schéma visant à établir une causalité unilatérale entre la guerre et le taux de profit. Il en va de même concernant « l’indépendance », « la non-identité de nature », « la non-liaison théorique », « l’indifférence l’un à l’autre », « les lois toutes différentes » entre les dynamiques productives et la réalisation sur les marchés – établie par Marx – qui nous permet de mieux comprendre, sur le plan théorique, les véritables causes des deux guerres mondiales, causes qui ne résident aucunement dans le besoin de redresser un taux de profit en berne par la dévalorisation du capital constant et variable, causalité inexistante dans la réalité de surcroît.
Quelles explications aux guerres mondiales ?
S’il est vain de vouloir expliquer les guerres selon le schéma bordiguiste, quelles en sont alors les racines profondes ? Nul mystère à ce propos, il suffit de reprendre les principaux éléments avancés par nos prédécesseurs pour les comprendre. À titre d’exemple, nous retiendrons ici la présentation qu’en a faite Trotski dans son Manifeste d’alarme de la VIe Internationale en mai 1940, présentation intitulée Les causes immédiates de la guerre :
Si nous avons repris cet extrait, c’est parce qu’il synthétise les principales causes des deux dernières Guerres Mondiales, mais nous aurions pu prendre n’importe quelle autre analyse de la 1e GM élaborée par nos prédécesseurs, et nous aurions également constaté qu’aucun d’eux n’expliquent les conflagrations mondiales par le schéma bordiguiste, à savoir : une chute du taux de profit -> engendrant une crise économique ne pouvant rétablir les conditions de profitabilité du capital à elle seule -> ayant alors pour conséquence irrémédiable une guerre avec des orgies de destructions matérielles et humaines agissant comme « véritable bain de jouvence pour le capitalisme » et permettant, enfin, le redressement du taux de profit et induisant une « véritable et durable reprise ». Ainsi, concernant la cause de l’entrée en guerre des États-Unis d’avril 1917 à novembre 1918, Trotski ne parle aucunement de baisse du taux de profit, de crise économique et de la nécessité d’orgies de destructions … mais de guerre « à caractère préventif » afin d’éviter une hégémonie allemande sur le continent européen : « Quant aux États-Unis, leur participation à la guerre était de caractère préventif on ne saurait permettre à l’Allemagne de soumettre le continent européen ».
Plus précisément, sur la première Guerre Mondiale, nous ne disons pas autre chose que les analyses élaborées par Trotski et Rosa Luxemburg : « La dernière guerre de 1914-18 fut le résultat de l’étroitesse du marché mondial pour le développement des forces productives et chaque nation tenta d’éliminer toutes les autres nations afin de s’emparer du marché mondial » [21] … analyse solidement attestée par l’histoire économique puisque « Le volume des exportations européennes s’était accru entre 1910 et 1913 au taux annuel de 4,7 % (5 % pour 1913), contre 4,3 % entre 1900 et 1910 et 2 % entre 1890 et 1900 » [22]. Cette curée pour l’accès au marché mondial était particulièrement ressentie par l’Allemagne car, devenant la première puissance économique continentale, mais parent pauvre du partage impérialiste, elle se trouve alors contrainte d’accaparer les marchés de ses principaux concurrents pour continuer à prospérer. C’est ce que Rosa Luxemburg décrivait dans sa Junius brochure : « La construction navale et l’armement militaires constituaient en eux-mêmes l’affaire la plus colossale de la grosse industrie allemande, et, en même temps, ils ouvraient des perspectives infinies au capital des cartels et des banques qui brûlait d’étendre ses opérations au monde entier ».
La guerre du côté allemand correspond donc à un prolongement des nécessités de son expansion dans un cadre territorial devenu trop étroit. Dès lors, nul besoin pour l’Allemagne de détruire son capital constant et de procéder à une orgie génocidaire de son capital variable pour espérer une vaine reprise économique comme dans le schéma bordiguiste. Tels n’étaient pas les besoins de l’Allemagne à l’époque.
Quant à la seconde Guerre Mondiale, compte-tenu de l’échec de la première, et aggravé par les conditions très défavorables imposées par le traité de Versailles (cf. carte ci-dessous), elle résulte des mêmes nécessités :
Allemagne : dépeçage par le traité de Versailles
Cette simple énumération suffit à comprendre les raisons du second conflit mondial initié par l’Allemagne, raisons bien attestées par le cri de guerre économique d’Hitler : « exporter ou périr » ! À nouveau, nul besoin d’avoir un taux de profit en baisse et une crise de surproduction avant 1940, la guerre du côté allemand a tout simplement correspondu au besoin de briser l’étouffement imposé par le traité de Versailles et à un impératif d’élargissement de ses marchés. Dès lors, nul besoin non plus pour l’Allemagne de détruire son capital constant et de procéder à une orgie génocidaire de soldats prolétaires … pour espérer une vaine reprise économique. Tels n’étaient pas les besoins de l’Allemagne.
Il en va de même concernant la troisième Guerre Mondiale que toutes les bourgeoisies préparent à grands pas : nul besoin de chercher une baisse du taux de profit et une crise économique pour l’expliquer. La défense impérative de l’hégémonie mondiale des États-Unis face à son challenger désigné (la Chine) y suffit amplement. L’illustration ci-dessous du passage de l’hégémonie de la Grande-Bretagne à celle des États-Unis et, potentiellement aujourd’hui, à celle de la Chine, en dit déjà long. Nous y reviendrons :
Montée et déclin de l’hégémonie britannique
Montée et déclin de l’hégémonie américaine
Montée d’une potentielle hégémonie chinoise
« Une fois que le capitalisme aura fait entrer dans son domaine les centaines de millions de personnes qui s’entassent dans les plaines fertiles de Chine et d’Inde, le travail essentiel du capitalisme sera accompli. … Aussi l’expansion du Capital se trouvera-t-elle en échec … Alors les travailleurs devront assumer la tâche de créer un monde meilleur à partir du chaos engendré par le capitalisme en pleine décrépitude » !
Anton Pannekoek Les conseils ouvriers, 1941-45, chapitre VI, ed. Belibaste (1974).
Épilogue
Bien que Monbars parsème son courrier d’éructations polémiques et d’accusations ridicules, nous sommes néanmoins très heureux de l’avoir reçu, car il nous a permis d’approfondir et d’illustrer, tant sur les plans théoriques, qu’empiriques, toute la différence qu’il y a entre un marxisme vivant et un marxisme mort et invariant. À ce propos, nous sommes ravis du sous-titre choisi par Monbars : « Monsieur C.Mcl bouleverse la science », car, comme le soulignait Marx : « …toute science doit être cultivée pour elle-même et on ne doit jamais craindre les conclusions auxquelles la recherche scientifique peut aboutir … ceux qui ont la chance de pouvoir se consacrer à des études scientifiques doivent être les premiers à mettre leurs connaissances au service de l’humanité » [23], ce sont toutes ces qualités qui manquent cruellement à Monbars, empêtré qu’il est dans la logique bordiguiste de l’invariance, autrement dit dans un marxisme mort.
C.Mcl, le 08/05/2025.
[1] Marxisme ou empirisme statistique ? Monbars. Notre réponse en deux parties se trouve en cliquant ici : partie 01 et partie 02.
[2] Programme Communiste n°103, 2016, p.4.
[3] Programme Communiste n°106, 2021, p.8., 2021, p.8.
[4] « …en détruisant par la violence une masse de forces productives ; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond les anciens » Marx, le Manifeste communiste.
[5] Boukharine La question du programme, rapport au Ve congrès de l’IC, 27/06/ 1924.
[6] Rosa Luxemburg, Brochure de Junius, 1915, Œuvres complètes – Tome IV, Agone-Smolny, p.185-186. Lire avec grand profit les pages 185 à 190.
[7] « …la guerre produit un phénomène que les guerres précédentes des temps modernes n’ont pas connu : la ruine économique de tous les pays belligérants mais aussi, dans une mesure toujours plus grande, celle des pays qui ne sont pas formellement impliqués » ibid. p.185-186.
[8] « …tous ces résultats de la guerre ne font qu’accentuer encore la désorganisation de l’économie capitaliste mondiale. […] Dans son ensemble, la situation du capitalisme, après la guerre, est marquée par une extrême instabilité dans toutes les sphères de la vie économique, politique, sociale et même intellectuelle et culturelle… » N. Boukharine, Projet de programme au 4e congrès de l’IC (1922).
[9] Comme les groupes Perspective Internationaliste ; Matériaux Critiques n°1 et n°5 ; Tendance Communiste Internationaliste ; Istituto Onorato Damen ; Barbaria ; etc.
[10] Monbars : « Il ne fait pas le moindre doute qu’un mode de production qui, par la logique même de son fonctionnement, a besoin de détruire pour subsister, est un mode de production absurde que le prolétariat devra nécessairement envoyer ad patres s’il veut survivre ».
[11] Monbars : « Le capitalisme, par son caractère cyclique, connaît successivement des périodes de prospérité suivies de périodes de crises, potentiellement éternelles ».
[12] Pour les citations de Marx d’où sont extraits ces expressions « d’indépendance », de « la non-identité de nature », de « la non-liaison théorique », de « l’indifférence l’un à l’autre » et de « lois toutes différentes » entre les dynamiques de la production et des marchés, voir la première partie de notre réponse au chapitre Monbars versus Marx sur la théorie des crises, p. 43-44
[13] À l’exception de quelques bribes transparaissant dans certains textes des années 1930, mais jamais tel qu’énoncés par les bordiguistes, ou comme position officielle, et souvent âprement débattues et réfutées. Nous y reviendrons.
[14] Concernant la seconde Guerre Mondiale, nous verrons prochainement que les Trente glorieuses ne doivent rien aux destructions de guerre.
[15] Lettre de Marx à Engels du 7 mai 1868 : « Je voudrais maintenant te demander un autre renseignement […] …pour le taux de profit, il me faudrait : 1- Les chiffres qui manquent sur le capital avancé dans les bâtiments de l’usine et le pourcentage du fonds d’amortissement à cet effet. De même pour l’entrepôt. Indiquer le loyer pour les deux… Également les frais de bureau et les dépenses pour le personnel de l’entrepôt. […] 2- Comment calculez-vous la rotation de la partie circulante du capital, c’est-à-dire les matières premières, les matières auxiliaires, le salaire ? Quelle est par conséquent la grandeur de l’avance de capital circulant ? J’aimerais recevoir à ce sujet une réponse détaillée, illustrée si possible, sur le calcul de la rotation du capital circulant avancé… ».
[16] Cours de l’impérialisme mondial, Programme Communiste n°78, 1978, p.58-63.
[17] Lire notre série d’articles sur Les trois ‘missions historiques’ du capitalisme dans le n°9 de Controverses aux pages 33 à 53, ainsi que le premier de ces articles sur notre site Web
[18] Outre les apories relevées dans notre réponse à Monbars, nous en avions déjà débusqué une série d’autres dans nos trois articles précédents sur ce même sujet : Plaidoyer pour une analyse marxiste et non schématique des guerres aux pages 30 à 41 du n°8 de Controverses ; Guerres et Capitalisme aux pages 21 à 32 du n°9 de Controverses et Marxisme et Guerres, aux pages 17 à 20 du n°9.
[19] Long-Term Productivity Database, A. Bergeaud, G. Cette, R. Lecat.
[20] « Dans la mesure où cette lutte [de C.Mcl] se présente faussement comme un ‘retour à Marx’ » Monbars, Marxisme ou empirisme statistique ?
[21] Numéro de juin/juillet 1938 de la revue IVè Internationale.
[22] Paul Bairoch, Mythes et paradoxes de l’histoire économique, 1993, éd. La Découverte, p.194.
[23] Paul Lafargue, Souvenirs sur Marx, Ed. du progrès 1982, p.73-74.