Forum pour la Gauche Communiste Internationaliste
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Lénine ‘revival’
À l’exception des bordiguistes, il fut un temps où l’ouvrage de Lénine sur L’impérialisme, stade suprême du capitalisme avait très mauvaise presse au sein de la Gauche Communiste. La raison en est simple : c’était la base théorique de tous les groupes gauchistes leur permettant de justifier le soutien aux luttes de libérations nationales et de légitimer la poursuite d’un travail syndical et parlementaire analogue à celui réalisé au XIXe siècle, travail rendu d’autant plus d’actualité que « le capitalisme se développe infiniment plus vite qu’auparavant » [1] selon Lénine, etc.
À l’opposé, les théories économiques de Paul Mattick et Rosa Luxemburg étaient plus en vogue car plus ‘radicales’ en ce qu’elles postulent une inéluctable finitude au capitalisme ! Ces analyses possédaient l’avantage d’offrir une ‘assise théorique’ permettant de ‘mieux justifier’ lesdites ‘positions de classes’ de la Gauche Communiste : l’intégration des syndicats à l’État, le caractère désormais impérialiste de toute lutte de libération nationale, l’abstentionnisme politique, le développement du capitalisme d’État…
Par une ironie de l’histoire, le capitalisme ayant survécu aux pires prédictions économiques énoncées par les groupes de la Gauche Communiste, et ayant même considérablement prospéré depuis 1914, la théorie de Lénine a retrouvé des couleurs et connaît une nouvelle jeunesse. Trois raisons l’expliquent :
La Tendance Communiste Internationaliste (TCI), l’une des composantes majeures au sein de la Gauche Communiste, exprime le mieux ce ‘retour à Lénine’. Ainsi, après s’être fortement questionné sur le concept même de décadence [3], ce groupe l’a réaffirmé … mais en le coulant désormais dans le corpus théorique développé par Lénine [4].
Cependant, un tel revirement n’est pas sans poser d’énormes contradictions et incohérences. Ainsi, pour ne prendre qu’un seul exemple, comment rendre compatible la fidélité aux conceptions d’un Marx parlant « de lourdes entraves au développement des forces productives » … alors que Lénine parle d’un « capitalisme se développant infiniment plus vite qu’auparavant » ? Ce sont ces contradictions et les arguties utilisées pour les justifier ou les contourner que nous discutons maintenant.
Marx réinventé
Ainsi, lorsqu’est rappelée la fameuse Préface à la Critique de l’économie politique où Marx décrit la phase d’obsolescence d’un mode de production, à savoir une « ère » durant laquelle « hier encore formes de développement des forces productives, ces conditions se changent en de lourdes entraves » [5], elle est réinterprétée pour la rendre compatible avec l’analyse de Lénine à l’aide de deux ‘arguments’ :
En réalité, l’accolement de ces deux idées révèlent les confusions existantes sur le véritable sens et la portée des analyses de Marx, mais aussi la nécessité de réinterpréter ses écrits pour tenter de résoudre une contradiction sur laquelle tous les groupes de la Gauche Communiste se cassent les dents, à savoir : comment expliquer la ‘décadence dès 1914’ avec les écrits de Marx sur l’obsolescence d’un mode de production comme ‘une lourde entrave, un frein au développement des forces productives, de la productivité du travail et du marché mondial’ … alors que les trois missions du capitalisme (Le développement des forces productives - L’accroissement de la productivité du travail - La création d’une production et d’un marché mondial) se sont bien plus considérablement déployées après la première Guerre Mondiale qu’avant ! Ainsi, en prétendant que Marx évoquerait une entrave lors des crises cycliques et non sur toute une période historique, cette ‘réinterprétation’ permet d’évacuer cette contradiction au lieu de la résoudre.
Il s’agira donc de rétablir le véritable sens des écrits de Marx, de montrer le caractère erroné de cette réinterprétation et d’essayer de résoudre la contradiction au lieu de la contourner à l’aide d’un tour de passe-passe comme le font tous les groupes actuels de la Gauche Communiste. Ces derniers étant très nombreux et ne pouvant tous les citer, nous prendrons deux exemples aux extrémités de son spectre politique [6].
Préface à la Critique de l’économie politique
Ère historique ou cycles décennaux ?
Quiconque lit sérieusement cette Préface de Marx perçoit d’emblée qu’il y expose sa conception du matérialisme historique portant sur l’évolution des modes de production et non pas le mécanisme des crises cycliques de surproduction. Cela apparaît très clairement dans : (1) son objet ; (2) son contenu et (3) les termes utilisés.
Si l’on trouve des dizaines de citations relatives aux crises cycliques et au taux de profit chez Marx, jamais il n’en fait l’explication qui serait à la base de la dynamique ascendante et décadente du mode de production capitaliste ni même des grands cycles pluri-décennaux du taux de profit.
Que l’on examine cette question par un bout (le contenu de la Préface) ou par l’autre (ses écrits sur les crises), l’on perçoit bien que la temporalité et les termes utilisés par Marx sont très différents lorsqu’il traite de l’obsolescence des modes de production en regard des crises cycliques. Le cadre temporel de cette Préface est donc bien pluriséculaire, et même anthropologique puisqu’il y évoque l’arc historique des sociétés humaines, et non pas une temporalité décennale de court terme comme pour les cycles des crises de surproduction.
Enfin, et non des moindres, cinq années avant d’écrire cette Préface, lorsque Marx décrit le noyau de ce qui constitue ses découvertes, ce sont trois points clés relatifs au matérialisme historique et à l’évolution des modes de production qu’il cite, mais pas un seul mot sur les crises de surproduction [13] ! Comment alors peut-on raisonnablement soutenir que l’expression « de Marx, selon laquelle, à un certain moment, les forces productives entrent en conflit avec les rapports de production … se rapporte au phénomène des crises en général » comme le défendent les partisans de l’analyse de Lénine ?
Marx en 1848
Où en est Marx dans sa critique de l’économie politique en 1848 ? Pas très loin comme l’explique Engels : « Vers 1850, Marx n’avait pas encore mis le point final à sa critique de l’économie politique. Il ne le fit qu’à la fin des dix années suivantes. Aussi, ses écrits parus antérieurement au premier fascicule de Contribution à la Critique de l’économie politique (1859), diffèrent-ils sur certains points de ceux qu’il écrivit à partir de 1859. Ils renferment des expressions et des phrases entières qui, par rapport aux ouvrages postérieurs, apparaissent malheureuses et même inexactes » [14]. Marx avoue aussi que ses écrits de l’époque contiennent des erreurs : « j’ai fortement critiqué Ricardo en raison de sa théorie de l’argent … car, dans l’ouvrage contre Proudhon, j’adoptais moi-même la théorie de Ricardo » [15].
Si, dix ans après le Manifeste, Marx écrit qu’il « abat un travail gigantesque – le plus souvent jusqu’à quatre heures du matin. Ce travail est de deux sortes : I. Élaboration des traits fondamentaux de l’Économie politique » [16], c’est qu’il n’estimait pas encore être parvenu à cette « élaboration des traits fondamentaux de l’économie politique ». Un mois après, Marx annonce d’ailleurs qu’il a « jeté par-dessus bord toute la doctrine du profit telle qu’elle a existé jusqu’à maintenant » [17]. Il spécifiera aussi que le terme même de « plus-value » n’apparait sous sa plume que quatre années encore plus tard, en 1862 [18]. Enfin, ce ne sera qu’en 1863, soit quinze ans après Le Manifeste, que Marx esquisse pour la première fois le schéma de la reproduction élargie [19] !
Il est donc totalement incongru de soutenir que la Préface de Marx exposerait sa conception des crises cycliques de surproduction en 1848 ! Et pour cause, nulle part dans cette Préface Marx n’évoque les cycles récurrents des crises ou les fluctuations du taux de profit ou les schémas de la reproduction élargie…, il se situe à une tout autre l’échelle, à l’échelle des ‘ères’ historiques de l’évolution des modes de production. En effet, dans tous les extraits que nous avons cité où il parle de l’obsolescence d’un mode de production, il y définit systématiquement deux grandes phases dans son évolution historique : une phase ascendante où les rapports sociaux de production impulsent et favorisent le développement des forces productives ‘les rapports de propriété... Hier, encore formes de développement des forces productives’, et ensuite, ‘A un certain degré de leur développement’ advient une phase obsolescente où ‘les forces productives matérielles de la société entrent en collision avec les rapports de production existants’, c’est-à-dire, où les rapports sociaux de production n’aiguillonnent plus les forces productives mais ‘se changent en de lourdes entraves’ … comme en atteste encore cette belle formulation de Marx et Engels dans l’Anti-Dühring :
Marx emploie à de nombreuses reprises dans son œuvre des formulations identiques à celle-ci et à la fameuse Préface comme nous le montrons ci-après.
Ère historique ou cycles décennaux dans l’œuvre de Marx ?
En effet, dans les extraits que nous avons cité où Marx et Engels évoquent l’obsolescence d’un mode de production, ils considèrent toujours deux périodes historiques bien distinctes : « Lorsqu’une forme historique est parvenue à un certain degré de maturité » ; « A un certain stade du développement de ces moyens de production et d’échange » ; « le système capitaliste a dépassé son apogée à l’Ouest, approchant du moment où il ne sera plus qu’un système social régressif » ; « le capitalisme prouve qu’il entre dans sa période sénile » ; « Arrivé à ce point » ; « A un certain degré de leur développement, les forces productives... » ; « toute phase historique a sa branche ascendante, mais aussi sa branche descendante » ; « Au-delà d’un certain point » ; etc.
Ainsi, cette temporalité longue en deux phases historiques apparaît lumineusement dans ces deux passages du Capital et des Grundrisse, d’autant plus que, dans ce dernier, Marx y compare le mécanisme d’obsolescence du capitalisme avec les décadences des autres modes de production :
« Entrave » Marx ou « croissance rapide » Lénine ?
Maintenant que nous avons rétabli la véritable temporalité longue exprimée par Marx, nous pouvons mieux apprécier le sens des termes qu’il utilise pour qualifier cette ‘ère historique’ d’obsolescence du capitalisme : à savoir une ‘ère’ au cours de laquelle les rapports sociaux de production constituent une « lourde entrave » ; un « obstacle au développement de la productivité » ; un « obstacle pour le capital » ; un « obstacle au développement des forces productives » et deviennent donc une « entrave dont, nécessairement, on se débarrasse ». Il évoque même un « système social régressif » [23] ; une « période sénile » dans laquelle « le capitalisme se survit de plus en plus » ; « un mode de production qui s’est à demi survécu à lui-même » ; « un mode de production qui montre des signes de sa désagrégation commençante ». À moins d’être prestidigitateur ou de redéfinir le sens des mots, il est impossible de soutenir que toutes ces expressions utilisées par Marx correspondraient à une phase où les forces productives « se développent infiniment plus vite qu’auparavant » (Lénine) !
Le Manifeste
Qu’en est-il maintenant de l’argument qui prétend qu’une phase historique entière de « lourdes entraves au développement des forces productives » serait impossible dans le capitalisme ? Certes, comme le spécifie le Manifeste, « la bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux », mais cette nécessité n’empêche nullement que s’exerce un frein à ce processus. Marx l’exprime d’ailleurs explicitement un peu plus loin : « Les forces productives dont elle dispose ne jouent plus en faveur de la propriété bourgeoise ; elles sont, au contraire, devenues trop puissantes pour les institutions bourgeoises qui ne font plus que les entraver [...]. Les institutions bourgeoises sont devenues trop étroites pour contenir la richesse qu’elles ont créée. [...] La société ne peut plus vivre sous la bourgeoisie ; c’est-à-dire que l’existence de la bourgeoisie et l’existence de la société sont devenues incompatibles ».
Est donc saugrenue l’idée que Marx aurait exclu un tel ralentissement au développement des forces productives, de la productivité du travail et du marché mondial pour le capitalisme. D’autant plus qu’il a clairement affirmé avec Engels dans l’Anti-Dühring qu’il n’y a PAS d’exception pour le mode capitaliste de production puisque : « toute phase historique a sa branche ascendante, mais aussi sa branche descendante » [24]. Est donc tout aussi saugrenue l’affirmation de Bordiga selon laquelle « Marx n’a pas envisagé une montée du capitalisme suivie d’un déclin… » … visiblement, le maître napolitain a très mal lu l’Anti-Dühring [25].
La définition de la décadence du capitalisme par Lénine-Bordiga est à des années lumières de celle de Marx, et cela même concernant l’unique aspect qui s’en rapproche le plus chez Lénine (la constitution du marché mondial [26]). L’ironie veut que le PCInt–Le Prolétaire en convient puisqu’il reconnaît ne pas confondre « le partage du globe entre les impérialismes euro-américains avec l’extension à l’échelle planétaire des rapports de production capitaliste », extension qui, disent-ils très justement, « est très loin d’être alors le cas » en 1914 [27].
Un Marx incompris nécessite un retour à Marx
Ce que ni Bordiga, ni Lénine, ni beaucoup d’autres n’ont compris, c’est que la révolution constante des instruments et rapports de production étant un impératif existentiel pour le capitalisme, une entrave , un frein ou un ralentissement structurel à cet impératif signale son entrée dans sa phase d’obsolescence ! En effet, pour caractériser l’obsolescence du mode capitaliste de production :
La définition de l’obsolescence d’un mode de production a été abondamment fournie par Marx, elle est très claire mais a pourtant été peu identifiée et encore moins comprise par nombre de nos illustres prédécesseurs comme nous venons de le constater. Un retour à Marx s’impose impérativement.
Il s’agit donc maintenant d’examiner si l’avènement de cette ‘ère historique d’obsolescence’, c’est-à-dire de ralentissement structurel de la croissance de ses trois missions historiques (productivité, forces productives et marché mondial) est advenue dès 1914 – c’est l’objet de l’article suivant Un capitalisme obsolescent dès 1914 ?, et, si la réponse est NON, quand advient-elle ou adviendra-t-elle [37] ?
C.Mcl
[1] « Monopoles, oligarchie, … tout cela a donné naissance aux traits distinctifs de l’impérialisme qui le font caractériser comme un capitalisme parasitaire ou pourrissant. […] Mais ce serait une erreur de croire que cette tendance à la putréfaction exclut la croissance rapide du capitalisme […] Dans l’ensemble, le capitalisme se développe infiniment plus vite qu’auparavant, mais ce développement devient généralement plus inégal, l’inégalité de développement se manifestant en particulier par la putréfaction des pays les plus riches en capital » Lénine.
[2] « De libérateur des nations que fut le capitalisme dans la lutte contre le régime féodal, le capitalisme impérialiste est devenu le plus grand oppresseur des nations. Ancien facteur de progrès, le capitalisme est devenu réactionnaire ; il a développé les forces productives au point que l’humanité n’a plus qu’à passer au socialisme, ou bien à subir durant des années, et même des dizaines d’années, la lutte armée des "grandes" puissances pour le maintien artificiel du capitalisme à l’aide de colonies, de monopoles, de privilèges et d’oppressions nationales de toute nature » Lénine, Les principes du socialisme et la guerre de 1914-1918 - La guerre actuelle est une guerre impérialiste.
[3] F. Damen : For a Definition of the Concept of Decadence
[4] Affiner le concept de décadence, article présenté et discuté dans notre contribution – La TCI, Lénine et l’obsolescence du capitalisme. Il est disponible sur notre site Web et publié dans le n°7 de notre revue.
[5] Traduction de La Pléiade, Économie I, p.273.
[6] Du côté de la gauche italienne, c’est le cas de la TCI : « Il en est de même pour ce qui pousse les défenseurs de cette analyse à citer l’autre phrase de Marx selon laquelle, à un certain niveau de développement du capitalisme, les forces productives entrent en contradiction avec les rapports de production, développant ainsi le processus de décadence. À part le fait que l’expression en question se rapporte au phénomène de la crise générale et à la rupture du rapport entre la structure économique et les superstructures idéologiques qui peuvent générer des épisodes de classe dans le sens révolutionnaire... » Prometeo n°8, 2003 : Pour une définition du concept de décadence.
Du côté de la gauche germano-hollandaise : « La question que j’ai soulevée est de savoir s’il est vrai ‘que le capitalisme, comme tous les modes de production avant lui, se développe selon une courbe avec montée, pic et chute ? Pour autant que je sache, Marx et Engels n’ont jamais dit une telle chose’. J’aimerais donc voir des citations de Marx et Engels qui me prouvent que j’ai tort. Les citations de Marx et Engels qui sont citées à cet effet concernent le développement des forces productives et leur ralentissement en période de crise périodique […] Comme preuve supposée que Marx et Engels ont déjà parlé d’une période de déclin du capitalisme, on se réfère souvent à la ‘Préface de la contribution à la critique de l’économie politique’ par Marx et à des citations de l’Anti-Dühring d’Engels. En y regardant de plus près, ces fragments de texte ne font qu’exprimer que la révolution prolétarienne, comme les révolutions précédentes, présuppose que les relations de classe existantes, au lieu d’être favorables au développement des forces productives, deviennent un obstacle à celles-ci, notez … dans les crises périodiques » Fredo Corvo, Le capitalisme atteint sa fin. Mais comment ?
[7] Critique de la philosophie du Droit de Hegel ; La question juive ; Manuscrit de 1844 ; La Sainte famille ; L’idéologie allemande ; Misère de la philosophie ; Travail salarié et Capital ; Le Manifeste et écrits journalistiques.
[8] Préface d’Engels de 1891 à l’ouvrage de Marx (1849) : Travail salarié et capital.
[9] Traduction La Pléiade, Économie I : 272-274.
[10] Le Capital, livre I, La Pléiade – Écon. I : 1148 & 1150.
[11] Marx, Discours sur le libre-échange, La Pléiade – Écon. I : 147 & 153. Ou encore : « …laps de temps après lequel, en moyenne, les machines sont renouvelées … élément important pour l’explication du cycle de plusieurs années que parcourt le mouvement industriel depuis que la grande industrie s’est imposée… » Lettre à Engels, 2 mars 1858 : 87.
[12] Lettre à Engels du 5 mars 1858 : 90.
[13] « Or, en ce qui me concerne, ce n’est pas à moi que revient le mérite d’avoir découvert ni l’existence des classes dans la société moderne, ni leur lutte entre elles. Bien longtemps avant moi, des historiens bourgeois avaient retracé l’évolution historique de cette lutte des classes, et des économistes bourgeois en avaient mis en évidence l’anatomie économique. Le nouveau de mon travail a consisté à démontrer : 1° que l’existence des classes est exclusivement liée à des phases historiques déterminées du développement de la production ; 2° que la lutte des classes conduit nécessaire-ment à la dictature du prolétariat ; 3° que cette dictature elle-même ne représente qu’une transition vers l’abolition de toutes les classes et vers une société sans classes » Lettre de Marx du 5 mars 1852 à J. Weydemeyer, La Pléiade-politique, tome I : 1680.
[14] Citations extraites de la préface d’Engels de 1891 à l’ouvrage de Marx (1849) : Travail salarié et capital.
[15] Lettre de Marx à Engels du 25 février 1859.
[16] Marx à Engels, lettre du 18 décembre 1857 : 81
[17] Lettre à Engels du 14 janvier 1858 : 83.
[18] Lettre à Engels du 2 août 1862, Éditions Sociales - Lettres sur le Capital : 120.
[19] Lettre à Engels du 6 juillet 1863 : 139.
[20] Engels, l’Anti-Dühring, Ed. Sociales, p.179, partie II.
[21] Éditions Sociales, Tome VIII, Le Capital, Livre III : 258.
[22] Marx : Manuscrits de 1857-1858 (Grundrisse), III Le chapitre du capital, 3ème section Le capital en tant qu’il fructifie, Transformation de la survaleur en profit, Éd. Sociales, Tome II : 237. La Pléiade, Économie II : 272-273.
[23] Deux années avant sa mort, Marx pose ce diagnostic dans le second brouillon de lettre à Vera Zassoulitch : « Le système capitaliste a dépassé son apogée à l’Ouest, approchant du moment où il ne sera plus qu’un système social régressif » Shanin 1983, Late Marx and the Russian Road, Marx and ‘The Peripheries of Capitalism’. Routledge and Kegan Paul, p.103.
[24] « Mais là où Fourier apparaît le plus grand, c’est dans sa conception de l’histoire de la société. (...) Fourier manie la dialectique avec la même maîtrise que son contemporain Hegel. Avec une égale dialectique, il fait ressortir que, contrairement au bavardage sur la perfectibilité de l’homme, toute phase historique a sa branche ascendante, mais aussi sa branche descendante, et il applique aussi cette conception à l’avenir de l’humanité dans son ensemble » Anti-Dühring, Ed. Sociales : 297-298.
[25] « Une théorie tout à fait erronée est celle de la courbe descendante du capitalisme […] La théorie de la courbe descendante compare le développement historique à une sinusoïde : tout régime (par exemple le régime bourgeois) commence par une phase ascendante, atteint un point maximum, après quoi un autre régime remonte. Cette vision est celle du réformisme gradualiste… […] Marx n’a pas envisagé une montée du capitalisme suivie d’un déclin… » Bordiga, Théorie et action dans la doctrine marxiste. En toute logique, Bordiga considère Marx et Engels comme des réformistes gradualistes et fatalistes !
[26] « Mais quand les 9/10 de l’Afrique furent accaparés (vers 1900) et que le monde entier se trouva partagé, alors commença forcément l’ère de la possession monopoliste des colonies et, partant, d’une lutte particulièrement acharnée pour le partage et le repartage du globe ». Dans cet ouvrage sur L’Impérialisme stade suprême du capitalisme, Lénine utilise près de 80 fois les termes de « partage » et « repartage » des territoires, des marchés, des profits, etc. pour caractériser la nouvelle phase impérialiste qui s’ouvre avec la première Guerre Mondiale.
[27] « le C.C.I. fixe arbitrairement la date en 1914, identifiant faussement le partage du globe entre les impérialismes euro-américains avec l’extension à l’échelle planétaire des rapports de production capitaliste ce qui est très loin d’être alors le cas » Brochure n°29 du PCInt-LP.
[28] Ce catastrophisme abonde chez Luxemburg :
a) « …Marx insiste sur les contradictions immanentes du capitalisme, qui provoquent des crises périodiques de plus en plus violentes et doivent fatalement entraîner l’effondrement économique du capitalisme ».
b) « Le capital n’est pas qu’à sa naissance « dégouttant de sang et de boue par tous les pores », mais pendant toute sa marche à travers le monde ; c’est ainsi qu’il prépare, dans des convulsions toujours plus violentes, son propre effondrement ».
c) « Cependant, à un certain degré de développement, les conditions de l’accumulation se transforment en conditions de l’effondrement du capital ».
d) « Par ce processus [réduisant le marché précapitaliste], le capital prépare doublement son propre effondrement… ».
e) « …l’accumulation devient impossible, la réalisation et la capitalisation de la plus-value deviennent des problèmes insolubles. Au moment où le schéma marxien de la reproduction élargie correspond à la réalité, il marque l’arrêt, les limites historiques du processus de l’accumulation, donc la fin de la production capitaliste. L’impossibilité de l’accumulation signifie du point de vue capitaliste l’impossibilité du développement ultérieur des forces de production, et donc la nécessité historique objective de l’effondrement du capitalisme ».
[29] Éditions Programme Communiste : n°7 de textes du Parti Communiste International et intitulé “Défense de la continuité du Programme Communiste” (page 119).
[30] Brochure n°29 du PCInt-LP : Le CCI à contre-courant du marxisme et de la lutte de classe, page 2.
[31] Prometeo n°8, 2003 : Pour une définition du concept de décadence.
[32] Internationalist Communist n°21, Comments on the Latest Crisis of the ICC : “Now let us return to the initial concept of decadence. We must emphasise that this only makes sense when applied to the general state of society, but it makes no sense if it is used to refer to the mode of production’s capacity for survival”.
[33] Le Capital, Livre III, Section III, § X Le développement des contradictions immanentes de la loi.
[34] Internationalist Communist n°21, Éléments de réflexion sur les crises du CCI : “Quel rôle joue donc le concept de décadence sur le terrain de la critique de l’économie politique militante, c’est à dire de l’analyse approfondie des phénomènes et des dynamiques du capitalisme dans la période que nous vivons ? Aucun. Au point que le mot lui-même n’apparaît jamais dans les trois volumes qui composent le Capital.”.
[35] Prometeo n°8, 2003 : Pour une définition du concept de décadence.
[36] Internationalist Communist n°21 - 2002, Éléments de réflexion sur les crises du CCI.
[37] Nous avons déjà répondu à cette question dans notre article Obsolescence et périodisation du capitalisme, mais nous y reviendrons encore plus amplement dans une contribution ultérieure.