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Dynamiques, contradictions et crises du capitalisme - Marcel Roelandts

(Note de Lecture)

 

« Au XXème siècle, le capitalisme n’est plus capable de résister aux tempêtes des crises cycliques traditionnelles » écrivait Paul Mattick. La guerre de 1914-18 et le krach de 1929 sont les premières manifestations de cette instabilité foncière d’un capitalisme arrivé à maturité. Elles ouvrent l’ère des crises majeures dans un monde désormais dominé par le salariat. Avec le recul, les Trente glorieuses (1945-75) apparaissent comme une parenthèse de prospérité dans un cours général dont les Trente piteuses (1914-45) donnent la véritable mesure.

Crises, austérité, mondialisation, chômage, précarité, etc. Comment comprendre ces phénomènes généralisés ? Pourquoi la dernière débâcle économique est-elle comparable à celle de 1929 ? Pourquoi une société à ce point gorgée de richesses répand-elle autant de misère ? Pourquoi la course au profit menace-t-elle la viabilité de la planète ? Ces questions nécessitent un cadre d’analyse qui permette de comprendre les dynamiques et les contradictions du capitalisme. On identifie ainsi deux écueils majeurs entre lesquels ce système louvoie et qui se dressent aux deux étapes du circuit d’accumulation : la production, avec les difficultés liées à la valorisation du capital, et la vente, avec la tendance du système à comprimer ses propres débouchés.

Dès les années 1970, le retour des manifestations de l’obsolescence du capitalisme vient balayer tous les modèles capitalistes de croissance qui avaient fleuri de par le monde après la Seconde Guerre mondiale : stalinien à l’Est, keynésien à l’Ouest et militaro-nationaliste dans le Tiers Monde. Ces modèles ont convergé dans un capitalisme dérégulé qui manifeste à son tour sa totale impuissance à dompter les contradictions d’un système suranné.

Resituer le capitalisme dans l’histoire humaine en rappelant que ce mode de production est avant tout le produit d’un rapport entre classes sociales aux intérêts antagoniques, tel est l’objet de cet essai. Sa perte de légitimité et l’éclatement de prochaines crises encore plus graves n’impliquent donc en rien l’inéluctabilité de son dépassement : seule l’intervention consciente d’un puissant mouvement social peut y mettre fin et ouvrir la voie à une société libérée de l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

 

Publié dans Controverses n°4, Novembre 2010