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La Gauche bolchevik, 1919-1927 - 2è édition revue et augmentée

Les Centralistes démocratiques et l’Opposition ouvrière

 

La première édition de cette brochure parue en octobre 2009 étant épuisée, son auteur (Michel Olivier) - et collaborateur à Controverses - en a profité pour y apporter quelques corrections et l’augmenter de certains éléments historiques, notamment une lettre de Smirnov datant de 1930 qui atteste encore de l’existence active du Groupe des 15 et expliquant pourquoi il se démarque des vues de l’Opposition trotskyste. Ci-dessous, nous mettons à disposition de nos lecteurs le sommaire de cette seconde édition ainsi que la présentation de la première qui est restée telle quelle :

 

Sommaire de la 2è édition

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Présentation

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Tout le pouvoir aux soviets !

 

Cette formule n’est ni un slogan ni une formule creuse, elle représente la forme qu’a prise et que devra prendre la dictature du prolétariat. Durant la dictature sanglante de Staline, on a continué à appeler le régime de la Russie une « Union des républiques soviétiques ». Or, l’amalgame entre la forme du pouvoir des ouvriers et l’appareil d’État stalinien est la plus grande imposture jamais réalisée dans l’histoire. Le crime était parfait !

Les communistes de gauche en Russie ont commencé à se battre dès 1917 pour que la réalité du pouvoir soit concrè-tement aux mains des ouvriers. En 1918 dans la revue Kommunist, ils se sont élevés contre le pouvoir d’un seul dans les entreprises et la réintroduction de ‘spécialistes’ dans leurs directions. Ainsi, petit-à-petit, les ouvriers ont perdu leur pouvoir au profit de la bureaucratie comprenant les anciens fonctionnaires de l’État tsariste.

Dès la fin de la période la plus aiguë de la guerre civile fin 1919, les communistes de gauche ont repris leur combat contre les comitards et ‘secrétaires’ en tout genre dans le Parti-État et pour la régénérescence de la discussion libre à l’intérieur du Parti, des conseils et des syndicats.

Les insistances politiques et les thèses n’étaient pas les mêmes dans le groupe des « Centralistes démocratiques » et dans celui de « l’Opposition ouvrière » mais le but était le même, éviter la coupure entre les ouvriers d’une part et le Parti et le Régime d’autre part.

C’est ce combat valeureux contre un appareil qui les a écrasés qu’il faut rendre compte aux nouvelles générations, combat d’autant plus valeureux que la révolution était battue et que Kronstadt, en 1921, est le signe définitif de l’échec de la révolution communiste en Russie ce qui, par contre coup, aboutira à celui de la révolution dans le monde. Les révolutionnaires ne savaient pas alors que leur combat en Russie était voué à l’échec, mais, en réalité, se sont eux qui expriment l’avenir. Ils ont tous été fusillés par Staline mais leurs leçons sont éternelles.

Si la révolution ne révolutionne pas la société de fond en comble, elle est vouée à l’échec. Dès la victoire des ouvriers en Russie, la révolution était battue si elle se restreignait à la seule Russie et si les mesures économiques et so-ciales singeaient les politiques capitalistes. Il suffit de rappeler un seul exemple : la volonté des bolchevicks de vou-loir développer l’économie du nouveau régime en copiant les recettes du capitalisme et notamment du taylorisme dans les entreprises. Les communistes de gauche s’étaient élevés contre cela en 1918.